TÉLÉCHARGER IMPOLI DE REVOLUTION GRATUITEMENT

Haut de page Notes de la rédaction Les images qui accompagnent les articles ont été rassemblées dans deux cahiers distincts, en documents annexes des articles. La surface anatomique recouvre ainsi un espace à la fois dissimulé et opaque. Le cul attire par une blancheur marquée qui le distingue et attire le regard. Le cul, traditionnellement dissimulé aux regards, apparaît dans un geste de désacralisation des corps invisibles. Bonnet, Paris, Mercure de France,

Nom:impoli de revolution
Format:Fichier D’archive
Système d’exploitation:Windows, Mac, Android, iOS
Licence:Usage Personnel Seulement
Taille:34.26 MBytes



Revue économique fonction des maires ruraux, aussi longtemps qu'ils seraient nommés par le pouvoir, c'est-à-dire jusqu'en Pas davantage la Révolution n'a-t-elle pu tenir son pari de supprimer les impôts indirects. Allégés certes par rapport à , ils demeurent d'autant plus impopulaires qu'on avait pu, un temps, les croire disparus.

Et il faudra l'élévation progressive de la prospérité et de la consommation, grâce à la paix retrouvée, pour que leur produit, sous la Restauration, augmente sans douleur. Au-delà de ces généralités, il serait intéressant de reprendre les études fiscales amorcées par Schnerb et Bouvier1, mais en s'attachant soit à un cadre géographique déterminé Seine-et-Oise par exemple, où propriétés foncières et fabriques sont assez nombreuses et importantes pour que l'analyse de leur charge fiscale soit significative , soit à une catégorie sociale particulière : ainsi l'étude systématique des patrimoines des députés et des pairs de , mais aussi des membres du Corps législatif ou du Conseil d'État de l'Empire, éclairerait-elle puissamment les débats théoriques sur la fiscalité.

Que représentait vraiment, pour un membre des Chambres, propriétaire de 1 à 3 hectares, ou d'une ou plusieurs fabriques, le poids de l'impôt? Que représentait-il notamment, par rapport à ses dépenses de prestige ou à ses éventuelles charités? Enfin, ne faudrait-il pas prendre aussi la mesure réelle des appauvrissements familiaux nés de la Révolution?

On évalue mal la perte, en capital et en revenu, qu'a finalement représentée la liquidation des anciens offices et de la dette royale. Peut-être, du coup, sous-estime-t-on les motifs qui ont fait souhaiter à la noblesse pauvre et à l'ancienne bourgeoisie la reconstitution d'une fonction publique nombreuse, contraire à leur idéologie apparente, mais propre à faire vivre leurs enfants3.

Au fond, la véritable différence entre et se situe ailleurs que dans ces chiffres. Elle réside en cela qu'en , malgré les réformes voulues par Louis XVI et ses contrôleurs généraux, la fiscalité paraissait irrationnelle, et sa répartition injuste.

Au contraire, en , le triple principe de la souveraineté nationale, de l'égalité devant l'impôt et de la simplification des taxes suffisaient à faire tout admettre, y compris les fantaisies budgétaires de l'Empire et la récupération par l'administration des Finances de toutes les prérogatives si contestables qu'avaient ci-devant exercées la Ferme générale, les Michel Bruguière receveurs des tailles ou les inspecteurs des vingtièmes.

D'une certaine manière, l'ordre avait fini par surgir du rêve de l'Ordre, et la Restauration pourra largement en bénéficier. Il en est un autre, sans doute beaucoup plus important, puisqu'il a commandé toute l'évolution politique française au xrxe siècle : celui de l'enrichissement républicain.

Qu'entend-on par là? Non certes les transactions plus ou moins avantageuses qui ont pu être effectuées - avant ou après la mort de Louis XVI — sur les biens nationaux ou sur les moyens de la production industrielle : beaucoup de Français y ont pris part, d'opinions ou de statuts sociaux fort divers.

Dans le premier cas, le bilan devrait intervenir au plus tôt en , et pratiquement au coup d'État de Brumaire.

Quant aux biens des émigrés, il faudrait aller jusqu'en En revanche, le commerce extérieur étant redevenu libre à la fin de janvier , c'est à cette date qu'il faudrait évaluer les résultats des quinze mois précédents. Or ces trois types d'enrichissement ont un point commun : ils n'ont pu s'effectuer qu'avec l'autorisation formelle ou implicite de certaines autorités administratives ou politiques. L'équipement des armées qui affrontèrent à la fois presque tous les voisins de la France, la diffusion simultanée des assignats et des biens confisqués, qui établit les premiers comme monnaie fiduciaire de la République, enfin l'alimentation du pays, en particulier des villes et de Paris, touchaient directement au Salut public, donc à l'essence même du pouvoir révolutionnaire.

Autant dire que, principalement pour la phase critique où les trois périodes se recoupent en une plage commune tout l'an II et les quatre premiers mois de l'an III , ce bilan se heurte à d'extraordinaires difficultés, les unes politiques, et les autres techniques. La simple idée d'étudier les enrichis de l'an II peut paraître, aujourd'hui encore, vaguement blasphématoire, même si elle relève du simple bon sens : d'où pouvaient en effet provenir les mises initiales qui permirent les fructueuses opérations du Directoire, sinon de la période qui l'avait immédiatement précédé?

Souvent, dès la première génération des successeurs, en France comme à l'étranger, ont ainsi fleuri des légendes étonnantes quant à l'origine des fortunes, d'autant plus facilement admises que les statuts sociaux, les alliances, les opinions politiques même des intéressés avaient fini par évoluer dans un sens plus droitier.

Un oubli bienfaisant s'est généralisé dans les familles, et il reste souverainement impoli, aujourd'hui encore, de prétendre améliorer la sélection de leurs souvenirs1. A ces difficultés psychologiques ou politiques, s'ajoute une réelle difficulté technique : les archives font défaut ; quand elles existent, elles sont dispersées, ou falsifiées, ou d'interprétation très hasardeuse.

En voici quelques exemples significatifs, choisis parmi des centaines, ce qui les fait échapper au risque de l'anecdote pittoresque. Toutefois, il ne commente guère l'un de ses propres tableaux 2 : celui des navires venus de Ligurie et de Toscane, qui passent de en moyenne annuelle avant , et seulement en , à 1 en , 1 en Le développement de ce trafic est d'ailleurs confirmé par les recettes des taxes au port de Gênes : 49 lires en moyenne par an de à , mais 70 en , 51 en , 52 en , 81 en Il est évident que des commerçants marseillais - souvent installés à Gênes ou y disposant d'une antenne - ont largement profité de ce nouveau cabotage.

Pendant près de deux siècles, on a pris Mary Wollstonecraft - dont la fille épousa Shelley et écrivit Frankenstein - pour un quelconque écrivain féministe, qui serait allée visiter la Scandinavie, à l'été , par simple curiosité intellectuelle.

Il a fallu attendre pour que l'érudit suédois Per Michel Bruguière Nyström1 découvre que ce voyage tendait à retrouver la trace d'un mystérieux bâtiment, appartenant à l'Américain Imlay, chargé d'or et d'argent pour financer les importations secrètes du gouvernement français, et disparu à l'été , sans que sa cargaison fût perdue pour diverses familles suédoises.

Nyström a été surpris de constater les lacunes archivistiques de l'administration du port de Göteborg, et d'autres à Stockholm ou Copenhague Lorsque les métaux manquaient pour acquitter leurs fournitures ou rémunérer leurs services, on eut recours aux biens nationaux.

Une bonne partie du garde-meuble royal se retrouve ainsi au musée de Boston3, de même qu'aux loteries immobilières organisées en la fortune sourit particulièrement à ces intermédiaires : un négociant de Bâle gagne l'ancien hôtel de Lesdiguières, un Bruxellois celui du marquis d'Autichamp, le consul américain à Lisbonne l'hôtel de Maillebois ; Berkmeyer, de Hambourg, gagne l'hôtel de Broglie, tandis que les Américains Parker et Champlain se partagent les hôtels de Montmorin et de Boisgelin4.

De toute manière, la comptabilité de la commission des Subsistances, qui contrôla l'ensemble du commerce extérieur et de l'économie intérieure d'octobre à septembre , a entièrement disparu. Les procès-verbaux de ses réunions n'ont été publiés par Caron que jusqu'au 19 avril , date à laquelle elle changea de nom, mais non de pouvoirs. Les archives de la Trésorerie nationale manquent pour la même période, alors qu'on dispose d'épaves assez substantielles pour le Directoire l.

Il ne faut pas se dissimuler, enfin, que même lorsque des documents peuvent être retrouvés, chez les notaires ou à l'enregistrement, leur interprétation reste délicate : les hommes de paille pullulent, selon une pratique déjà bien établie sous l'Ancien Régime ; les actes contradictoires : ventes à réméré, reconnaissances de dettes fictives, actes de société fort temporaires, divorces destinés à mettre à l'abri un patrimoine, transactions dissimulées par des obligations hypothécaires, nécessitent une critique rigoureuse de chaque source2.

Au total donc, le bilan socio-financier de la Première République n'est pas fait et se révèle fort délicat à établir. Peut-être est-il temps néanmoins de l'entreprendre, en laissant enfin de côté l'ensemble des préjugés politiques, et en considérant que les transformations et les translations de fortunes nées de la Révolution, puis de la République, ne sont ni plus ni moins immorales que les enrichissements, désormais bien connus, de Sully, Richelieu, Mazarin, Fouquet ou Colbert, mais qu'elles sont assurément tout aussi intéressantes du point de vue de l'histoire financière et de l'histoire politique.

Quant à l'histoire monétaire, en particulier métallique, de la Révolution, c'est aujourd'hui un mystère complet : on sait bien qu'il a été frappé des écus de 3 ou de 6 livres en argent jusqu'en , puis à partir de Mais on ne sait à peu près rien de la quantité de métal qui fut effectivement monnayée, ni sur le fonctionnement des institutions spécialisées. On n'est d'ailleurs pas davantage renseigné, à l'autre bout de l'échelle sociale, sur l'importance réelle que revêtirent les billets de confiance, les bons remboursables en assignats, les monnaies dites d'urgence, ou les pièces en métal de cloche l.

Il semble en tout cas qu'à partir de toute archive de la commission des Monnaies ait disparu, ce qui ne peut être l'effet du hasard. Sans doute est-il frustrant de devoir ainsi se limiter à l'espérance d'un bilan. On peut espérer que les historiens à venir accorderont le même intérêt à ceux qui accompagnèrent les débuts obscurs de la République française.

Ils seront en particulier conduits à réviser ainsi la notion chère à Max Weber, selon laquelle le protestantisme aurait été plus apte que toute autre religion à favoriser le capitalisme moderne. Quant aux capitalistes français issus de l'an II, et qui dominèrent le xixe siècle à la régence de la Banque de France, à la Caisse d'épargne de Paris, et jusque dans l'entourage d'Haussmann, il est bien vrai qu'ils furent souvent protestants2.

Mais c'est parce que les réformés n'avaient en général aucune sympathie pour la Maison de Bourbon, et que la République put donc libérer pleinement leur esprit d'initiative et leurs liaisons internationales, tout en mettant hors jeu nombre de leurs concurrents virtuels.

Sous cet angle encore, un bilan financier sincère contribuera à épousseter l'histoire traditionnelle des idées. Il serait superflu de résumer ici les travaux de Crouzet, Bergeron, Lévy-Leboyer, Asselain ou Woronoff : ils ont présenté et chiffré les résultats, à l'issue des French Wars, de manière à peu près définitive.

On voudra plutôt ajouter au tableau une nuance complémentaire, en soulignant l'importance majeure, si précoce dans le cours de la Révolution, de la rupture du pacte franco-espagnol. Depuis la fin du règne de Louis XIV1 , s'étaient progressivement durcies les deux constellations trans-océaniques : l'ensemble anglais, appuyé sur l'Amérique du Nord, et drainant par l'alliance portugaise l'or du Brésil, avait pris pied en Inde et cherchait l'accès à la Chine.

Face à lui un véritable ensemble bourbonien, appuyé sur l'argent d'Amérique latine, offrait en Espagne un débouché croissant à l'industrie française, par ailleurs fort active à l'exportation vers l'Europe germanique et Scandinave, ainsi qu'au Proche-Orient.

Depuis , le Pacte de Famille rivait diplomatiquement Paris à Madrid. Cette recomposition du paysage diplomatique, intervenue trop tard pour modifier l'issue de la guerre de Sept Ans, avait produit ses pleins effets lors de la guerre d'Indépendance américaine : l'union des flottes française et espagnole y avait balancé la prépondérance britannique, et contraint Néerlandais et Scandinaves à affronter Londres, tandis que l'alliance autrichienne évitait en Europe continentale toute coalition à revers.

Liithy, entre autres, n'a voulu voir dans ce triomphe de Louis XVI qu'une combinaison anachronique2. C'est oublier la grande nouveauté des années , qui réside en ceci : il existe désormais un milieu bancaire et industriel franco-espagnol3 Laborde, Le Couteulx, Magon, Cabarrus, Iranda et une véritable coopération entre la Banque Saint-Charles et la Caisse d'escompte.

Bien entendu, ce développement simultané de la France de Louis XV et de l'Espagne de Charles III s'accompagne de crises localisées, de tensions et de rivalités provisoires, d'échecs partiels ou retentissants. Mais les arbres ne doivent pas cacher la forêt : l'or et l'argent espagnols, parvenus en Europe de façon massive au cours de cette décennie, contribuaient d'abord à la croissance d'une industrie locale, capable de fournir à l'Empire américain environ la moitié de son équipement et de sa consommation, finançaient ensuite l'importation en Michel Bruguière Espagne des toiles et des produits manufacturés français ; enfin, plus ou moins officiellement parvenues aux ateliers de Vienne, les piastres y étaient converties en thalers ou talaris, propres à financer les achats du commerce asiatique1.

Cette curiosité franco-espagnole, cet esprit d'entreprise que manifestait aussi bien l'expédition conjointe au Pérou 2 à la recherche d'aliments, de fibres et de colorants nouveaux, connut autour de l'océan Pacifique quelques développements spectaculaires.

Pour la France : la reconstitution de la Compagnie des Indes, au capital vite porté à 40 millions, les expéditions de La Pérouse et d'Entrecasteaux, l'appui donné en Inde à Tippoo Sahib et en Cochinchine à N'guyen Pour l'Espagne : création de la Compagnie des Philippines , poursuite de l'expansion le long de la côte californienne Santa Barbara est fondée en , mainmise, de ce fait, sur les champs aurifères qui ne seront découverts qu'en Quant à l'Autriche de Joseph II, elle souhaitait à son tour tâter de l'aventure asiatique : à Ostende, à Trieste, négociants et armateurs se donnaient les moyens d'y participer.

Ainsi l'Angleterre, pour la première fois depuis la fin du xvne siècle, risquait-elle de se voir contrainte au partage, peut-être à un nouveau conflit incertain. Malgré les découvertes de Cook, malgré le raidissement marqué par YIndia Act, malgré même les succès de la révolution industrielle, il fallait bien de l'audace au jeune Pitt et à ses collègues pour penser conserver la maîtrise des mers à un royaume de 10 millions d'habitants.

Cette audace, ils en ont fait preuve en mai , en choisissant à la fois leur moment : la France, en pleine fièvre révolutionnaire, venait d'avouer publiquement le mauvais état de sa flotte ; leur prétexte : les Espagnols avaient bloqué à Nootka, l'actuelle baie de Vancouver, deux navires marchands anglais porteurs de fourrures pour la Chine ; et surtout leur terrain diplomatique : si l'Espagne voulait maintenir ses prétentions fondées sur la Bulle d'Alexandre VI, envers toute la côte occidentale d'Amérique du Nord, elle avait besoin du concours de la France, immédiat et massif.

L'Angleterre disposait en effet de bâtiments, l'Espagne et la France de 64 chacune, ce qui rendait le problème particulièrement simple3.

Ainsi l'ensemble franco-espagnol était-il rompu, le Revue économique Pacte de Famille dénoncé, l'Espagne abandonnée à son sort, bientôt à ses propres crises. L'année suivante, c'est à l'Autriche que la Législative déclarait la guerre, achevant la mise en pièces des alliances nouées sous Louis XV. En enfin, à l'initiative de la Convention, la France se trouva simultanément en guerre, pour la première fois de son histoire, avec l'Espagne et avec l'Angleterre.

Il serait hors de propos de rechercher les motifs idéologiques de ce choix étrange, ou d'en énumérer les effets, particulièrement tragiques pour l'Espagne, qui s'échelonnèrent tout au long du xixe siècle. Pour la France, en tout cas, le bilan est aisé à établir : dès , les exportations françaises en Espagne et en Amérique espagnole, aussi bien que le commerce français en Inde et en Chine, étaient ramenés à zéro, pour longtemps.

On comprend que l'historiographie française ait quelque peine à considérer en face ces réalités désagréables. Il faut pourtant bien les évoquer, si l'on tente un bilan financier de la Révolution. D'ailleurs, la coïncidence chronologique est absolue entre la rupture de l'alliance espagnole et la création de l'assignat-monnaie.

Tandis que les circuits métalliques et commerciaux se ralentissaient, puis étaient interrompus par la guerre, les gouvernements révolutionnaires successifs crurent trouver dans les biens nationaux l'équivalent des mines du Pérou : jusqu'en , fut maintenue la fiction juridique d'après laquelle le papier hypothéqué sur les propriétés nationales serait strictement équivalent à l'argent1. C'est peut-être par un remords collectif inconscient qu'à partir de la Loi de Germinal établissant le monnayage illimité, la France se remit, et continua pendant les trois quarts du xixe siècle, à acquérir massivement de l'argent américain, comme une machine automatique déréglée, déconnectée de tout circuit économique créateur de richesses et d'emplois.

Guy Thuillier a étudié les divers rapports qui dénoncèrent discrètement, sous la monarchie de Juillet et le Second Empire, l'incohérence de cette thésaurisation, les spéculations qu'elle nourrissait, et les effets pervers qu'elle eut sur l'économie et le crédit2.

Mais l'essentiel est ailleurs et appellerait une synthèse : de Saint-Malo à Marseille, la France maritime et son arrière-pays étaient ramenés à la ruralité primitive, alors que venait de s'y esquisser une révolution industrielle à l'anglaise. On a constaté l'échec total sur le premier point, et les mystères qui entourent encore le second. C'est sur le dernier point seulement que le succès, même Michel Bruguière différé, fut incontestable.

A condition de noter, comme le faisait déjà Jean Bouvier, que le système issu des années de troubles repose sur un compromis fiscal, social et politique. Contrairement à ce que souhaitaient certains techniciens du Contrôle général, contrairement à ce que les Constituants osèrent imposer de façon très provisoire, la contribution territoriale nouvelle ne put se substituer, dans les recettes publiques, à une fiscalité indirecte vite renaissante. Contrairement à ce que la Constituante avait également souhaité, il n'a plus été question, dès et moins encore à partir du Consulat, de laisser à un peuple majeur de citoyens-contribuables ou de fonctionnaires élus le soin de répartir et de collecter les contributions.

Mais au-delà de ces compromis, imposés par l'état de la société française, puis par le jeu presque mécanique des réactions consécutives aux excès, l'essentiel apparaissait acquis en : l'État de Finance fonctionnait en France, il fonctionnait même beaucoup mieux qu'en Angleterre, où les budgets demeuraient à peu près incompréhensibles1. C'est désormais en marge du budget que se dérouleront les grands combats politiques, quel que soit le régime.

Tout cela ne pouvait assurément reposer que sur le principe de l'égalité civile des citoyens, et c'est pour n'avoir su ou voulu l'établir que la Monarchie a laissé déraper la Révolution2. Au-delà de ce qui concerne l'État financier, on a pu constater qu'il reste beaucoup de points obscurs dans le bilan révolutionnaire. Sans doute conviendrait-il que les historiens à venir, pour les éclairer, fassent définitivement disparaître deux types de frontières, dans le temps et dans l'espace.

Dans le temps d'abord : on ne peut rien comprendre à la révolution, à ses ambitions et à ses échecs, si l'on ne connaît pas en profondeur la société d'Ancien Régime, et l'on risque d'interpréter à contresens nombre des décisions révolutionnaires si l'on méconnaît l'histoire ultérieure du xixe siècle. C'est dans la longue durée que s'éclairent la fiscalité, la propriété, la rente, le service de l'État, la thésaurisation métallique.

Il faut donc que les historiens, sans ignorer les ruptures, soient capables de mesurer les continuités. Dans l'espace aussi : on a vu à quel point il est difficile d'interpréter les finances de la France sans faire état des biens confisqués en Belgique ou en Revue économique Italie, des denrées achetées aux États-Unis ou en Suède, de la circulation planétaire des métaux et du papier commercial. Cette réalité, familière à tous les dirigeants anglais, faisait partie de l'expérience personnelle de Pitt ou de Wellington.

Il faudrait cesser d'écrire l'histoire de la Révolution française à partir des accidents politiques qui se déroulèrent dans quelques arrondissements de Paris, et réhabiliter l'événement civil par rapport à l'immense parade militaire qui occupe le devant de la scène. Pour avancer dans ce domaine, il faudra des spécialistes familiers des langues et des dépôts d'archives extérieurs à la France, ainsi que des instruments de travail qui pour l'instant n'existent pas.

TÉLÉCHARGER HELIX JAILBREAK GRATUIT

Théâtre du Palais Municipal, Saguenay

C'est le commencement officiel de la monarchie de Juillet [2]. Le désordre permanent[ modifier modifier le code ] Louis-Philippe Ier , roi des Français le roi est représenté à l'entrée de la galerie des Batailles qu'il a fait aménager au château de Versailles. Pendant trois mois, l'agitation, entretenue par la presse républicaine et libérale, est permanente. Le gouvernement ne dispose pas des moyens de sévir, d'autant que la Garde nationale a à sa tête, à partir du 16 août , le marquis de La Fayette , chef de file des républicains. Dans les salons du faubourg Saint-Germain , les légitimistes s'amusent du manque de dignité de la nouvelle royauté. Ils composent des pochades où Fipp Ier , roi des épiciers, explique à son fils Grand Poulot que la politique consiste à serrer la main du premier venu. Les révolutionnaires se retrouvent au sein de clubs populaires, se réclamant des clubs de la révolution de , dont plusieurs prolongent des sociétés secrètes républicaines, par exemple la Société des amis du peuple , installée au manège Pellier, rue Montmartre.

TÉLÉCHARGER AIRPUSH DETECTOR GRATUIT

Navigation

.

Similaire